PORTRAITS D'ARTISTES
Dans l'atelier
de Muriel Dorembus
Avril 2026
Muriel travaille au couteau l'encre qu'elle dépose par couches, en aplats, sur ses "papiers d'art".
De lourdes feuilles saturées de matière, de couleurs chaudes multipliées qui n'appartiennent qu'à elle. Avec un peu d'imagination, on reconstitue sa mosaïque, sa figuration en "morceaux": "Tout ce qui est dessous est important. Parce qu'il réapparaîtra quand je gratterai."Ce sont des paysages mais on ressent d'abord la couleur. La vibration des couleurs chaudes à dominante verte, bleue, mauve. Une féérie de couleurs "végétales", célestes, coralliennes... recouvrant toute la feuille, jusqu'à la déborder.Ses arbres qui m'évoquent des plantes aquatiques, semblent aussi sortis d'un autre monde, chargé de poésie. Poussant dans des rivières de diamant. Sur les pentes d'un volcan africain où elle aurait capté ces frêles créatures, étranges pousses délicates à tête fleurie, des plantes ondoyant mais comme sédimentées dans la quasi vitrification du tableau..Elle construit et déconstruit ses motifs en multipliant les interventions jusqu'à l'aveuglement. Comme si elle peignait sur du verre brisé. Ou brisait de faciles harmonies. Griffant et plaquant, touche à touche, ses pointes de couleur sur un support devenu grumeleux, granuleux, scintillant, à la fois solide et liquide, fluide et pétrifié, brillant et mat. Un fond de bleu ou vert - elle parle d'espace - et elle a déjà son paysage en elle, dès l'origine, ne lui parlez pas d'abstraction, pour elle ce sont des "couches de sentiments". Et plus récemment, des montagnes marouflées. Sous des ciels plâtreux, sableux, aussi consistants que la roche.Parfois le motif résiste. Parfois il disparaît. La couleur lumineuse éblouit l'observateur. Assis devant ses peintures posées à plat, grandes et petites, sur le sol, je ne trouve pas les mots, je lui pose des questions et elle répond tout de go: je construis tout de suite, tout le temps. Je fais de la matière avec du liquide. Encre, aquarelle, parfois une touche d'acrylique, du caparol. Je peins quasiment sans lumière.
Pour Muriel
Une leçon d'humanité
Janv. 2026

Que peut-on faire quand on n'est qu'un simple peintre (en larmes) devant les massacres en Iran, dans le silence étourdissant d'une Europe veule et d'une France uniquement soucieuse de son budget ? Poster et reposter ses dessins non pas de victime du régime islamique occupant l'Iran, mais de combattante du patriarcat et des arrièrés islamistes en Iran. Des criminels que l'ONU, vendue au régime des mollahs, protège.Tant que Khameinei vivra, tuera, respirera, avec son armée de terroristes, je reposterai mes dessins...Les mêmes. Que personne ne veut, n'ose exposer... C'est dire. Que les Bardella, Le Pen, Mélenchon et toute leur sale bande de pollueurs subventionnés de l'Assemblée Nationale aillent périr en Enfer. Trop contemporain, ce portrait (version couleur) est si emblématique de la dignité, de la résistance sous la violence qu'on devrait le projeter sur la façade de la Mairie de Paris avec le drapeau iranien et Femme, Vie, Liberté en grandes lettres lumineuses. Avec trois autres portraits de la poétesse réfugiée en France, il a déjâ été exposé à la Mairie du 19ème arrondissement, grâce au grand défenseur des Droits Humains et du mouvement iranien, pourquoi pas en haut de la Tour Eiffel, pour témoigner de notre solidarité avec ce grand peuple ?
Portrait de
Mahtab Ghorbani
En Harmonie
Texte pour l'expo Art en estuaire (juil 2025) sur le travail de Laure Mauceri.
Ses arbres sont des nuées de songes. Des fourmillements de feuilles condensés en nébulosités blêmes se chevauchant telle une explosion de sable. Pas d'espace libre, ce sont des entités, des massifs impénétrables, mais ils se découpent, ils respirent, on voit des fractures, des déchirures sombres dans la dentelle des dômes. Le noir n'est pas noir, il est habité. Des milliers de feuilles assemblées pièce à pièce comme pour n'en oublier aucune, et qui forment des moutonnements cernés d'ombre s'étageant en volutes de fumée blanche s'élevant du bas (il n'y a pas vraiment de sol) vers le haut (y a-t-il un ciel? Vide à première vue), bourgeonnant des troncs rarement visibles aussi, sous la densité des feuillages, en apesanteur, suspendus. Quelque chose a explosé. Quelque chose (une présence) s'élève, sans appui, se déploie comme à flanc de coteau, les arbres poussant sur les arbres, des arbres à lianes, une féérie de frênes, presque irréels tant ils sont profus, témoignant d'un regard acéré, consciencieux, d'une concentration de trait vertigineuse, par qui voit ce que l'on ne peut pas voir... l'infiniment petit et l'infiniment grand, en ménageant çà et là des trouées salutaires, des respirations. Ses lianes coulent comme des cordes, parfois entremêlées, en faisceaux, si fines et déliées qu'on les saisirait bien, comme les chasseurs de miel au Népal, ou de nids d'hirondelles munis de leurs longues perches de bambous, les "chasseurs d'éternel", les "chasseurs des ténèbres". On se perd dans les ombres, les masses denses et cotonneuses, enchevêtrées, que ces filaments, ces clématites allègent, à moins que ce soit du chèvrefeuille sauvage, des ronces, dit-elle, peu importe, des larmes d'oiseau, comme on nomme les feuilles pennées des frênes, précises et vivantes. Des flambées d'arbres, des extraits de paysage, des arbres immenses dont on se demande d'où ils sortent, s'ils sont réels ou imaginaires, le dessin est toujours réel, mais on le croit parfois imaginaire, et seul le peintre connaît ses lieux insolites, peut-être sujets aux inondations, car on trouve aussi des arbres immergés dans un paysage de désolation (une étrange lune rousse se reflète et s'enfonce dans l'eau), elle seule sait où elle est, où elle va, ses itinéraires secrets, nous restons, nous, perdus, désemparés, émerveillés, dépassés, comme devant la grâce et l'humilité. En se rapprochant au plus près du dessin, en agrandissant l'image des deux doigts, comme on rentre dans l'univers, sa profondeur illimitée, on découvre une sorte d' "écriture d'arbres", à l'alphabet indéchiffrable. Un art "incompréhensible".... sacré, qui n'est pas nommé, qu'on ne peut pas nommer en vérité, merveilleux. L'Art n'a pas de titre, pas de temps, il témoigne ici d'une ascèse, d'une infinie patience. D'une persévérance de Bénédictine. Une dessinatrice entrepreneuse qui, à l'instar de la tradition chinoise, entame ses travaux par le bas, et développe sa construction, son élévation, son ascension de feuillages coupés de quelques branches, comme on monte un échafaudage, multipliant les minuscules arabesques avec délicatesse, ses frondaisons dentelées, à la fois amples et minutieuses. Le langage de la main, du crayon, du fusain, du stylo à encre, du feutre à l'encre de Chine, de l'application à l'état pur. De l'orfèvrerie.. Du travail de la pensée et de la main, inséparables, une caresse intemporelle, un souffle sur la cendre. Cela s'envole. À contre courant, faut-il le dire, en solitaire, obsessionnelle, intransigeante, dans l'observation "impitoyable" de la complexité. Le respect des choses et des êtres (j'ai toujours pensé que les arbres étaient des êtres). Et la rigueur de pousser au bout son dessin, quitte à le poursuivre sur une autre feuille, en reprenant aussi le même motif, la répétition, l'exigence de la beauté. Comme un oiseau qui cherche à se poser, je recherche quant à moi ses fines lianes ou ses branches isolées, distordues, l'apparition magique (elle n'aime pas ce mot) d'un tronc, qui nous ramène à quelque chose de concret, de solide, de préhensible, dans le "réel" de son art éthéré, voluptueux, mais sorti de terre, on se demande, à mi-chemin. Laure Mauceri court. Au bord de l'eau, au long des frênaies, le long du fleuve, elle pense (danse) et repère en courant (en errant?) ses motifs, elle court en regardant, elle capte en courant des arbres à dessiner, le mouvement lui est indispensable (dit-elle) pour "mettre en symbiose le corps et l'esprit", trouver son inspiration, ses sujets de prédilection, qu'elle travaillera ensuite durant des jours, un mois, telle une dentellière, pour retrouver sa vision, son émotion première, s'en approcher, la proposer. Et c'est sans repentir. Elle ne gomme pas (sauf des esquisses), elle dessine comme on grave, et progresse mystérieusement dans ses élévations, ses méditations, ses offrandes végétales. Elle chante.
Eric Audoubert
Extrait d'un dessin
Exposition "Art en estuaire", Château Mondésir Gazin.
Avec Laure Mauceri et Frédéric Dambreville.
Plassac. Du 4 au 31 juillet 2025
Éric ne peint pas, il dessine. Mais est-ce vraiment du dessin qu'il pratique, c'est un travail manuel, intellectuel, sensitif, artistique, de sculpteur, de façonnage, d'essuyage de la poudre de graphite qu'il répand et inscrit soigneusement avec les mains, en vagues grisâtres, sur toute la surface du papier. Il marque, efface, construit, élabore un espace chimèrique. Il trace un univers concentré. Comme s'il traversait un brouillard. Des remous apparaissent, un mouvement circulaire d'ombres lisses et liquides, contradictoires, une matière chaotique mais plane m'évoquant la poussière de la lune. Des plages fines et blêmes, des vagues de lumière, des rayons d'eau, des trous noirs dans les nuages (ou l'inverse)... Le néant gris.
Si je fais un effort, je citerai Rothko et Hokusaï, une délicatesse évoquant un souffle d'air ayant inscrit ses motifs sur le papier comme Tal Coat disait qu'en jetant simplement des cailloux sur une feuille, on obtiendrait un motif, ils se répartiraient naturellement où il "faut".
Des vitres mal lavées, une aurore boréale (en noir et blanc), des effets de clarté incertains, une "chasse au sens" mallarméenne, douceur gravée dans le support, hermétisme résistant aux monstres de la logique ou de la définition, de la figuration par l'épaisse gomme de fou qu'il manipule tel un chaman avec souplesse, comme on danse avec les mains, ou prépare une pierre lithographique au carborendum, une poussière d'ange.
EN REGARDANT THÉODORE ROUSSEAU
Nov. 2024
Ce tableau est un hommage au grand peintre de paysages Théodore Rousseau, et à la dessinatrice des forêts luxuriantes, Laure Mauceri.
C'est le fruit d'une rencontre. Un hommage au paysage, à la contemplation, une plongée mélancolique dans les sources de la vie, une méditation bleue et rousse devant l'oeuvre ou le paysage, la roche et la féminité, la grâce. Une réconciliation poétique et en même temps une étrange solitude, un exil.
Grand pastel exposé au Hublot d'Ivry, en novembre 2024. Puis à Plassac, en Gironde, lors d'une exposition collective avec Éric Audoubert et Laure Mauceri, au Château Mondésir-Gazin, en juillet 2025. Enfin, galerie Atsikal Paris lors de l'exposition "Hors-Temps", en février 2026, réalisée en duo avec la dessinatrice qui m'a servi de modèle.
"En regardant Théodore Rousseau"
120 x 92 cm
Pastel et lavis sur papier - 2024

Femme, Vie, Liberté
Nov. 2024
Contre les massacres en Iran, la négation absolue de l'humanité, pour une démocratie sans compromis avec les royalistes fascistes aux bonnes intentions, comme si personne, en Iran, aujourd'hui, ou réfugié en Europe, parmi les combattants de l'invisible, n'avait la légitimité d'un obscur héritier de l'ancien Shah détesté, toujours protégé de Washington, qui promet la démocratie sans la respecter d'emblée, quelque soient ses bonnes intentions.
Je suis effaré par la violence des royalistes de la diaspora iranienne, qui m'a, par exemple, inondé d'insultes ("va sucer les Palestiniens") quand, non-Iranien, j'ai posé des questions sur ce "non respect d'autorité " (défendu par les royalistes). Oui, c'est l'affaire des Iraniens. Ceux qui ont subi les violences criminelles du régime, en première ligne dès leur plus jeune âge. Le drapeau Iranien Free Iran doit flotter, illuminé, sur la Tour Eiffel. Et le portrait des grandes poétesses iraniennes illuminer la façade de l'Hôtel de Ville.

Portrait de
Mahtab Ghorbani

Portrait de Mahtab Ghorbani (fragment)
Début du texte lu le 22 novembre 2024
à la mairie du 19ème arrondissement de Paris,
pour la soirée Iran, "Femme Vie Liberté".
Bonsoir à tous,
En premier lieu, je veux remercier François Bechiau et Mahtab Ghorbani qui me permettent – via l’Iran, la Belgique - de revenir dans cette mairie, où j’ai organisé, jadis, des élections de conseils d’enfants, premier pas vers la citoyenneté et la démocratie. Ils me permettent surtout de témoigner, modestement, par mes tableaux, par ces portraits d’une grande artiste iranienne, réfugiée politique en France, ma solidarité avec ce mouvement unique au monde : Femme, Vie, Liberté, et plus largement à tous les combattants et victimes du régime islamique en Iran. L’égalité hommes femmes reste un enjeu prioritaire pour des sociétés libres et modernes. La destruction, cependant, semble avoir pris le pas dans le monde.

L’homme imprime sa loi. L’art, plus que jamais, en tant qu’esthétique de la Résistance, pour reprendre une expression de Peter Weiss, a son mot à dire pour affirmer la beauté, la vérité, la souffrance, la vie, contre la laideur, le crime, le mensonge, la mort. Détruire la femme, l’effacer, c’est effacer la vie, le sens de la vie, et nous sommes tous ici ce soir pour défendre la vie contre un idéologie funeste qui martyrise le peuple iranien depuis 40 ans, la tyrannie de la mort qui, sous couvert de religion, de république, a subtilisé la révolution iranienne et nuit au monde entier, lui fait sournoisement la guerre, le défigure. Nous sommes ici pour rendre hommage aux femmes iraniennes qui, désarmées, avec leur seul corps, leurs paroles, leur poésie, leurs chants, leurs danses, leur nudité affrontent cette violence islamique au quotidien, jusqu’ici, dans nos murs, au risque de leur vie. Elles sont, ni plus ni moins, l’honneur du monde. On comprend ainsi pourquoi rencontrer Mahtab, poète, romancière, résistante, iranienne, m’a marqué. Elle est la première femme iranienne que j’ai connue. Plus que sa force, c’est sa joie, sa liberté, sa beauté, son intelligence qui m’ont marqué. Sa joie dominant toutes les épreuves qu’elle a subies, et qui me font pleurer.
Mahtab Ghorbani a publié plusieurs livres en persan interdits en Iran.
Elle a publié deux recueils de poèmes traduits en français; "Mille vies inachevés" (éditions du Net, 2021), et récemment en Belgique (maelstrÖm reEvolution) " Aucune main n'exécutera notre liberté". Son roman "Écrire au couteau" est en cours de traduction. Enfin, elle participe à la petite anthologie de poèmes publiée en 2026 par Les éditions des Utopies: "Sous les cyprès en pleurs, 40 voix iraniennes contre les massacres".
Journées portes ouvertes
Sandrine Blin, Valérie Byttebier
L'Atelier du grand chemin, En France, près de la frontière belge
Oct. 2024
Je ne savais pas quoi faire dans l'atelier de Sandrine Blin. Sa sœur Valérie était là, répondait parfois à sa place, et on en riait. Le bonheur et la paix émanent d'elles, quand moi je sortais de mon "bunker", de ma guerre permanente "sur le front" de l'enfance et de l'histoire, de la guerre aux enfants, avec comme des coups de marteaux dans la tête, le cri d'un petit de cinq ans qui chantait en yiddish dans le camion: ça na plus d'importance maintenant qu'ils savent que je suis juif ! Les oreilles sifflant de bombardements et de sirènes, d’ordres et de menaces de mort... le cerveau rempli de passé et de présent, je cherchais mon chemin. Où étais-je ? En Belgique ou en France ? Où regarder ? Tout est beau, dans cet atelier-bungalow monté comme sur un ponton en bois, tout est clair, donné, offert, paisible. L’atmosphère, le détail, les jeunes femmes qui ne font qu'une depuis leur naissance... poétiques, simples et complexes, la Corrèze pour l'une, qui n'aime que les arbres isolés, préfère les terres rocailleuses, arides, desséchées, quand l'autre (Sandrine) préfère se perdre en forêt et les arbres en multitude, l'Irlande ou l'Écosse, les archipels au vent et la Norvège glaciale, éventuellement la Tchèquie mais pas plus. Ici, à droite l'abstraction de Valérie, à gauche, les paysages bruts de Sandrine, l'une me montre la frontière (dans l'atelier), aussi peu visible que sur la route, pour le reste impossible de les séparer. Je comprends mieux leurs soutiens respectifs sur instagram, malgré leurs noms différents, leurs styles distincts, leurs vies se côtoient sans se confondre. J'ai feuilletė leurs dessins, déposé quelques merveilles sur le sol et ouvert les carnets de Sandrine, si précieux, qui écrit "arbre" au dos de ses motifs, comme si on en doutait. Je tenais des choses fragiles et robustes entre les doigts, le grain de Steinlen, quelque chose de Seurat, un vert bien à elle, un jaune aussi très particulier, qui échappe au vif racoleur du colza, son côté incorruptible, charbonneux, qui est lisible partout, une sincérité sans faille. Valérie aime bien Rothko, moi aussi, mais aussi Soulages, ce qui n'est pas mon cas. Si je peux me permettre, autant j'apprécie ses gravures, ses vitraux extraordinaires, autant ses "tartines goudronnées" me font tourner la tête. Point. La porte est grande ouverte. Le petit jardin ouvre sur l'immensité des champs, un bois flou au loin, le ciel et le vent, c'est comme si j'avais goûté un grand cru, avalé de l'eau claire, respiré l'air pur, on a évoqué la Laponie, les romans policiers de Peter May, la Tchèquie et ses céramiques en tasses renversées, qui coiffent les poteaux, difficile d'en demander la raison aux autochtones. M. H. Gauthier fut aussi évoquée, dans sa proximité, qui ne manque pas de les soutenir et vice- versa, expose ses photos à Lille alors qu'elle s'est un peu improvisée photographe, et puis la littérature, je n'ai pas retrouvé le nom de Tarjei Vesaas qui m'est venu à l'esprit par rapport aux dessins et peintures de Sandrine Blin, ce nom m'est revenu sur l'autoroute, en revenant à Bruxelles, parmi les fous du volant. Lire Les Oiseaux, ses poèmes. La barque, le soir...Moi j'ai emporté Ava Òlafdóttir (dans ma tête) et le fixatif Conté de Paris, je n'ai pas "senti" la frontière, et en rentrant j'ai rouvert le Berger de l'Avent, de Gunnar Gunnarson.
"LES GROTESQUES" de Denis Martin
Janv. 2024
"LES GROTESQUES" de Denis Martin sont comme des ombres évoluant dans la brousse crépusculaire. Ils se suivent comme les aveugles de Brueghel, symbole universel de l’humanité. Têtes livides se détachant sur un ciel de boue, marchant et braillant dans la brume épaisse des marais spongieux, ivres et lamentables d’une chasse aux bêtes innocentes qu’ils ont tuées et mangeront ensuite après les avoir dépecées, tels des charognards. Ce ne sont pas des chasseurs : ce sont des cannibales. Nos contemporains.