DESSINS SAUVAGES
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Réaction au monde

DESSINS SAUVAGES
Je dessine parfois d'urgence, pour atténuer une sorte de sentiment de catastrophe qui m'étreint. Face à des évènements proches ou lointains (notion de plus en plus discutable), en "réaction au monde", c'est-à-dire aux évènements du monde, qui viennent rejeter, à la lisière des villes ou des quartiers, le "rebut" des catastrophes mondiales, c'est-à-dire la misère humaine de ces pays en guerre, telle une laisse de mer. Trop de tempêtes. D'hier ou d'aujourd'hui. Un besoin aussi de dessiner dehors, dans les vignes ou dans la rue (la nuit, sous le métro), ce qui tient lieu de refuge, survit dans les friches du monde moderne. Avant de disparaître. Dieu sait où. Pourquoi rejeter, cacher, isoler ces dessins "sauvages"? Les écarter d'une production classique tout aussi vitale, mais plus lente, raisonnable, apprêtée, maîtrisée, dont ils sont peut-être le pendant négatif, spontané, tel un journal de bord. De résistance.La frontière est poreuse. Les entames se ressemblent. On assume ou s'écarte du "dessin d'humeur". Comme mécanisme de régulation, de mémoire aussi. Défensif. Instinctif. Brut. Face à une surcharge - émotionnelle, politique, existentielle. Ce ne sont pas des accidents, ce sont des témoignages. Documentant des zones de transition, de disparition. Et loin d"être un "rebut", comme les réfugiés qui nous aident à comprendre le temps présent, ont acquis une expérience, un savoir que nous devrions accueillir, partager, ces dessins sont le pendant nécessaire, complémentaire des autres oeuvres, le noyau le plus authentique peut-être de mon travail.(La plupart de ces dessins ont été postés sur Instagram, qui me tient lieu effectivement de journal, chaotique, expérimental, plutôt que de vitrine organisée de mon travail. Regrettant parfois d'avoir "poussé" un dessin, j'en photographie les phases pour mémoire.)













































